Cueillette des olives à Nahhalin

Début de la cueillette à 9h à Nahhalin, ville proche de Bethléem, enclavée entre trois colonies israéliennes. Ce village de 10000 habitants est menacé d’annexion par la municipalité israélienne de Jérusalem afin de faciliter sa colonisation.

La cueillette était organisée par UAWC (Union of Agricultural Work Committees). Un des membres de la famille de paysans qui nous accueillait nous a expliqué qu’ils avaient de gros problèmes notamment d’irrigation de leurs parcelles, bien qu’ils aient une fontaine au pied de l’oliveraie. La source est polluée par les effluents de la colonie. En outre les arbres situés en contrebas de la colonie ont étés incendiés par les colons durant la nuit et le matin de notre arrivée, des soldats israéliens ont étés surpris en train de verser des produits dans la fontaine. Nous avons effectué la cueillette en compagnie d’une délégation du mouvement des paysans sans terres en provenance du Brésil. L’après midi, nous avons été reçus par Naji Owdah directeur de l’association Laylac, centre culturel et social du camps de réfugiés de Deheishe à Bethléem. Naji nous a exposé l’importance de l’éducation populaire pour aider les jeunes palestiniens à conquérir des espaces de liberté. Il a beaucoup insisté sur l’importance de BDS comme levier de lutte efficace contre l’occupation israélienne. Lors de cet échange nous avons été rejoints par des volontaires italiennes et québécoises.

Cueillette à Hébron, au dessus de la "ville fantôme"

Nous cueillons aujourd’hui à Hébron, sur une parcelle remplie d’oliviers millénaires. La parcelle se situe dans un lieu de tension. En contre-bas, ce qu’on appelle la “ville fantôme”, ancien quartier palestinien vidé de ses habitants afin d’y construire des colonies et de maintenir une zone de sécurité autour d’elles. Sur le côté de la parcelle, le cimetière musulman, aujourd’hui inaccessible pour les palestiniens. En haut de la parcelle, des maisons de colons, drapeaux israéliens flottant au vent.

Les gens que nous aidons aujourd’hui, une couple de vielles personnes, vivent dans une maison collée à la colonie. En discutant avec eux dans un mélange d’arabe et d’anglais, nous apprenons qu’ils auraient perdu cinq enfants, dont certains en raison de l’occupation. Tout le temps de la cueillette, nous serons surveillés par des militaires; certains juste de passage, d’autres assis à l’abri du soleil, fusils mitrailleurs à la main. Malgré notre nombre, nous venons difficilement à bout de quatre oliviers tant ils sont fournis et imposants. Pour cueillir sur une parcelle de cette envergure; il faut compter plusieurs jours de travail. Quand il est l’heure de repartir, nous laissons difficilement le couple seul et dépité. Il leur a fallu obtenir une autorisation pour cueillir sur leur terrain et la masse de travail à abattre est difficilement imaginable pour un couple seul et âgé.

L’après-midi, nous avons pris le temps de découvrir la campagne aux alentours d’Hébron. Nous avons découvert un tout autre paysage, bien plus vert. Nous nous faisons la réflexion que tout est bien plus beau sans colonie à l’horizon; sans mur, barbelés et soldats.

Un site de référence : Mapping Hebron’s apartheid

17 octobre - Cueillette des olives près de Tulkarem

Départ de Farkhas à 8h pour Tulkarem (au nord ouest de la ville) où la veille des problèmes avec des colons sont survenus. (Arrestations et présence militaire accrue sur la zone) Arrivée sur place à 10h30, en présence des autorités locales, de personnes du PARC et d'autres internationaux en provenance d'Espagne et d'Islande. La récolte a duré jusqu'à environ midi. D'après notre hôte, cette récolte avait essentiellement une portée symbolique, de par le contexte actuel dans cette zone de la Cisjordanie, d'où une présence très importante des médias. 
Après un pique nique dans l'oliveraie nous sommes partis visiter l'écoferme de Hakoritna dont le Faez Taneeb est le directeur, Laquelle se trouve coincée entre la ligne verte et une usine israélienne de produits chimiques. Faez nous a expliqué que la ferme avait appartenu à ses grands parents puis à ses parents, et que dans les années 1980, Israël avait annexé la moitié de ses parcelles pour la construction du mur. Pendant longtemps il a également eu de nombreux ennuis avec les propriétaires de l'usine qui pendant une période cassaient les tuyaux d'irrigation des champs la nuit. Il nous a présenté différentes méthodes agricoles qu'ils mettent en œuvre dans la ferme.
Le soir, après le repas, des jeunes du village nous ont initié aux danses traditionnelles palestiennes.






Mardi 16 octobre 2018 - Cueillette des olives à Salfit près de la colonie d'Ariel

Départ de chez notre hôte à 8h00 pour rejoindre un oliveraie sur les hauteurs de Salfit en bordure de la colonie d’Ariel.

Nous sommes accueillis par les paysans qui nous expliquent qu’ils possèdent des oliveraies à la fois en bordure de la colonie mais aussi d’une parcelle à l’intérieur.

Ils nous racontent que la semaine précédente lors de la cueillette dans l’enceinte de la colonie, les militaires avaient refusé le passage des tracteurs le matin après être arrivé beaucoup plus tard que l’heure prévue pour ouverture des portes.

Et un autre jour, les paysans n’ont pu sortir de leurs parcelle qu’à 18h00 (En effet les palestiniens ayant des oliviers à l’intérieur de la zone de la colonie ont besoin d’autorisations et ont des heures d’ouvertures précises pour accéder à leurs parcelle et pouvoir cueillir.

L’ouverture le matin généralement est autour de 7h. Ensuite deux choix possible pour sortir. soit autour de 12h, soit 16h. Les entrées et sorties se font rapidement, pas plus de 15 minutes environ.  Ces horaires pourtant imposés par l’armée elle-même ne sont pas toujours respectés)

Pendant la matinée nous rencontrons une famille qui nous explique que samedi dernier les soldats leurs ont interdit l’accès à leurs parcelles pourtant situées hors des murs de la colonie, sans motif précis.

Nous leurs avons demandé s’il était possible de les filmer en nous expliquant cette anecdote, mais l’un d’eux nous raconte qu’il a déjà fait de la prison et donc refuse qu’on le filme de peur qu’il y ait des représailles par la suite.

Nous terminons les cueillettes comme prévu à 12h30 puis après quelques photos et des remerciement nous sommes raccompagnés jusqu’au taxi et nous partons rejoindre B. Dans son bureau, qui est le siège local du PARC (association avec laquelle sont organisées les cueillettes) pour partager le repas du midi. Ensuite B. Est retourné au travail tandis qu’une partie d’entre nous est partie se balader dans Salfit.

A l’occasion de cette balade nous avons rencontré un fleuriste qui nous a invité à boire le thé et nous a fait visiter la vieille ville. Il nous a expliqué que son frère et lui avaient fait de la prison, 3 ans et 7 ans respectivement. Depuis leur sortie de prison leurs mouvements sont très limités : en effet il est stipulé sur leurs papiers d’identité qu ils ont fait de la prison. Il est difficile pour eux de passer les checkpoints et impossible de quitter le territoire. Nous avons également été invités chez sa mère qui nous a accueilli en pensant que nous étions israéliens. Nous avons été surpris de l accueil chaleureux du fait qu elle pensait que nous étions israéliens ; cela reflète là encore la tolérance du peuple palestinien et le désir des gens de vivre en paix.

En fin de soirée, après le repas, nous avons visité une coopérative d’huile d’olive où nous avons pu voir le procédé de préparation de l’huile, dont une partie est exportée en France.

15 octobre 2018 - Cueillette près de la colonie d'Avigail (Avigail outpost)

Ce matin à 4h, comme d’habitude, un groupe de courageux est allé récolter le raisin pour le vendre sur le marché de gros.

À 8h nous nous sommes rendus à « Avigail outpost », à 15km au sud d’Hébron pour une cueillette « sensible » dans le sens où elle est très proche d’un avant-poste illégal.

Vue satellite de la colonie Avigayil (source : Peace Now)

Arrivés sur place, nous avons dû attendre l’arrivée des militaires qui autorisent la cueillette dans cette zone seulement si l’on en fait la demande avant. Escortés par les militaires, nous nous sommes rendus à l’entrée de la colonie où se trouve le champ d’oliviers. Après quelques minutes de discussion entre les paysans palestiniens, le militaire et un colon portant pistolet à sa ceinture, nous avons pu commencer la cueillette.

Les arbres étaient fournis et les paysans bien équipés et organisés. Ils nous ont offert thé, café et repas du midi. Ils ont également chanté avec nous « On lâche rien » d’HK et les Saltimbanques. Tout s’est très bien passé dans la joie et la bonne humeur.

Nous avons pu terminer la récolte sur l’ensemble des oliviers de la zone concernée. Les paysans accueillants semblaient ravis de notre coup de main et nous ont remerciés chaleureusement.

C’était la première fois que nous travaillions si proche des colonies et des militaires (dont le chef a pris plusieurs cafés avec les paysans, ambiance étrange…). Pendant presque toute la cueillette, il y avait le bruit d’avions de chasse qui passaient au-dessus de nos têtes et les bruits de tractopelles et de marteaux-piqueurs qui travaillaient en permanence.

On était sous les fenêtres des colons pour les derniers oliviers. On a pu remarquer qu’ils installent – dans un premier temps – des Algeco, puis des mobil-homes et enfin des maisonnettes en dur. Tout cela sous la protection permanente des militaires et de manière illégale sur des terres palestiniennes. Ce qui n’empêche pas la construction d’une route toute neuve pour desservir la colonie, l’installation d’eau, d’électricité, de lampadaires dans une zone où les locaux ne bénéficient pas de ces infrastructures.