Eurovision : lettre ouverte de militants queer et LGBTI en soutien au peuple palestinien et pour le boycott d'Israël

“Cher et adoré Bilal,
Avant toute chose, MERCI D’EXISTER !

Depuis que tu as fait ton entrée fulgurante sur la scène culturelle française, nous ne cessons de contempler le bien que tu fais à la jeunesse de nos communautés Queer et LGBTI.
Tu représentes un réel symbole de possibilité d’existence positive au sein d’une société qui n’a de cesse de vouloir nous réduire au silence.
Ta voix qui s’élève, est de celle qui ne veut plus se taire. Celle qui ne veut plus s’excuser. Celle qui arrache le droit de pouvoir être appréciée et aimée pour la perfection de ses perruques et la finesse de son sourcil, enragés et flamboyants.

C’est pour cela que, depuis tes débuts, nous nous tenons à tes côtés face aux multiples attaques homophobes, transphobes et racistes dont tu es la cible. Nous nous opposons à toutes formes d’agressivité et d’agression sur ta personne, en cela que nous considérons que tu es actuellement l’un des représentants de toute une jeunesse qui s’émancipe de ses vieux carcans hétérosexuels oppressifs qui continuent encore trop à ravager nos vies.

Cette année, tu as l’intention avec ta chanson Roi de participer au prochain concours européen qu’est l’Eurovision, dont l’édition 2019 est annoncée à Tel Aviv en Israël.
Nous, militant.E.s queer et LGBTI en soutien au peuple palestinien et pour le boycott d’Israël, souhaitons par ce courrier mieux t’informer sur le pays dans lequel tu rêves de chanter en participant à la finale de l’Eurovision, et nous espérons te convaincre de renoncer à te produire au service de l’apartheid israélien.
Cet État occupe depuis 1948 un autre pays, la Palestine, après en avoir chassé une grande partie de ses habitants qui sont depuis 70 ans des réfugiés ailleurs dans le monde.
Cet État poursuit encore et toujours sa colonisation de la Cisjordanie.
Cet État pratique une politique d’apartheid à l’encontre des citoyens palestiniens, qu’ils soient d’Israël ou de Cisjordanie, notamment avec la dernière loi votée récemment au parlement Israélien nommée « Loi de l’état nation du peuple juif ».
Cet État impose un blocus inhumain à la population de Gaza depuis 2007.
Cet État développe le pinkwashing, c’est à dire une politique prétendument en soutien à nos communautés pour se donner une fausse image « progressiste » et blanchir ses crimes.

Même si nous avons bien conscience que pour toi la participation à l’Eurovision est le fruit d’un important travail et d’un rêve que tu nourris depuis tout petit, penses-tu que tu pourrais accepter de participer à cette opération de « blanchiment » d’un État, Israël, qui avec l’accueil de ce concours, souhaite faire une opération de propagande au service de Netanyahu et son gouvernement d’extrême droite ?
Tu peux encore refuser de participer à cette mascarade et tu ne seras pas le seul à le faire, dans toute l’Europe et au niveau international de nombreux artistes refusent maintenant de se produire en Israël. Dans les années 1970 et 1980, de nombreux artistes ont boycotté un autre État qui avait légalisé la discrimination : l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Notre courrier répond à l’appel des Palestiniens pour le boycott économique, universitaire et culturel d’Israël. En effet une grande campagne se déroule dans toute l’Europe contre la tenue de l’Eurovision à Tel Aviv. Plus de 140 artistes ont appelé au boycott de l’Eurovision si elle a lieu en Israël.
Continues à chanter librement, mais en respectant la dignité et la liberté du peuple palestinien !

Bilal Hassani, ne chante pas pour l’apartheid israélien !”

Israël, rendu «fou» par BDS

13 JANVIER 2019 PAR THOMAS CANTALOUBE (Mediapart)

En dépit des dénégations du gouvernement israélien, la campagne de boycott, désinvestissement et sanction commence à avoir un impact dans le pays. L’Eurovision, organisé à Tel-Aviv en mai 2019, offre une nouvelle plateforme pour les militants BDS.

Israël, envoyé spécial.- Si l’on veut être sûr d’irriter un Israélien, il suffit de prononcer les trois lettres BDS. Peu de choses sont susceptibles de provoquer une réaction aussi épidermique que l’acronyme du mouvement international promouvant le boycott, le désinvestissement et les sanctions à l’égard de leur pays en raison de sa politique d’annexion des territoires palestiniens. Et, de manière quasiment unanime, à quelques exceptions près, tous les Israéliens sont à la fois prompts à condamner BDS et à balayer du revers de la main son efficacité. Comme le résume Daniel Shek, ancien ambassadeur d’Israël à Paris et figure modérée de la vie politique locale, « le plus grand accomplissement de BDS est de rendre ce pays fou ! ».

Vu de l’étranger, le mouvement BDS ne cesse d’engranger des succès, certes relativement petits et symboliques, mais des succès quand même. Vue d’Israël, la problématique est plus compliquée. Certes, il a « rendu le pays fou », certes, il ne semble pas avoir de prise sérieuse sur l’économie israélienne, qui se porte comme un charme, notamment sur le plan des nouvelles technologies. Mais il semble pourtant que ses conséquences se fassent sentir de manière plus souterraine et insidieuse.

Une publicité dénonçant la décision de la chanteuse Lorde de boycotter Israël, payée par un rabbin américain et diffusée par le Washington Post, illustrant la réaction épidermique au mouvement BDS.
Une publicité dénonçant la décision de la chanteuse Lorde de boycotter Israël, payée par un rabbin américain et diffusée par le Washington Post, illustrant la réaction épidermique au mouvement BDS.
Contrairement aux affirmations du gouvernement et de la plupart des Israéliens eux-mêmes, l’impact de BDS n’est pas bénin : il est l’un des principaux facteurs de la dégradation de la situation démocratique et du débat intellectuel dans le pays car, pour la première fois depuis peut être les guerres des Six-Jours et du Kippour, Israël se sent vulnérable. Il s’agit non pas d’une vulnérabilité existentielle qui menacerait la survie même de l’État fondé en 1947, mais d’une fragilité face à un mouvement qui expose les dérives nationalistes et religieuses de la même manière que le mouvement anti-apartheid dénonçait le racisme et la violence du gouvernement blanc en Afrique du Sud, pourtant considérée par beaucoup jusqu’à sa chute (à commencer par les gouvernements occidentaux et… israélien) comme parfaitement fréquentable.
À l’occasion de la fin de l’année 2018, le mouvement BDS a fait circuler la liste de ses principaux succès pour les douze mois écoulés : l’annulation d’un match amical de l’équipe de football d’Argentine juste avant le Mondial, l’annulation des concerts à Tel-Aviv de Lana Del Rey, Shakira ou Lorde à la suite de la pression de certains de leurs fans, l’arrêt du sponsoring de la fédération israélienne de football par Adidas, le vote par Dublin et des villes espagnoles et italiennes de résolutions approuvant BDS ou encore la décision d’Airbnb de ne plus diffuser d’annonces pour des logements dans les colonies israéliennes, illégales au regard du droit international. Sans oublier un succès indirect : l’élection au Congrès des États-Unis d’une poignée de représentants ouvertement favorables à BDS, une première.

Un porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères est prompt à écarter tous ces événements avec une moue sceptique lorsqu’on l’interroge sur le sujet : « Honnêtement, ce ne sont pas les actions de quelques artistes mal informés qui vont nous atteindre ! Faites plutôt la liste de tous les succès d’Israël dans l’année passée sur les plans diplomatiques ou économiques et vous verrez que le mouvement BDS est anecdotique. » Pourtant, si l’on en juge par les pages entières de journaux et de sites internet qui ont été consacrés aux différentes activités de boycott, on peut difficilement prétendre que ces événements ont laissé les Israéliens de marbre.

Un tribunal a même été jusqu’à exiger que les deux activistes néo-zélandais qui avaient démarré la campagne pour convaincre Lorde de ne pas chanter en Israël remboursent les fans éplorés de la chanteuse. D’innombrables reportages ont également été diffusés sur les propriétaires de logements (illégaux) dans les colonies qui ne pouvaient plus arrondir leurs fins de mois, en listant leurs habitations sur la plus grande plateforme mondiale de locations temporaires. Difficile, face à l’avalanche de récriminations, de prétendre à l’insouciance.

« En dépit des assurances officielles qu’il s’agit de phénomènes marginaux, il commence à y avoir un impact réel du mouvement BDS en Israël, soutient Ofer Neiman, de l’organisation Boycott From Within. Par exemple, j’ai été surpris d’apprendre que des centaines de DJ’s internationaux se mobilisaient pour refuser de se produire en Israël. Je connais bien cette scène et elle est normalement assez peu politisée. Sachant que des villes comme Tel-Aviv ou Haïfa ont bâti ces dernières années une économie reposant sur le tourisme jeune et fêtard, cela va inévitablement les atteindre. »

Un manque à gagner est toujours plus difficile à mesurer qu’un bénéfice. Et les dégâts en termes d’images sont également compliqués à évaluer : par exemple, les incidents à Gaza au printemps ont-ils plus, ou moins, dévalorisé l’image d’Israël en 2018 que les actions de BDS ? Impossible de répondre. Pour Omar Barghouti, l’un des cofondateurs du mouvement BDS, « il vaut mieux regarder des indicateurs objectifs plutôt que de demander aux Israéliens leur opinion. Qu’est-ce que l’on constate ? Le gouvernement israélien a dédié un ministère entier [celui des affaires stratégiques – ndlr] à se battre contre BDS. Si les pertes liées à BDS ne se chiffraient pas en milliards de dollars, pourquoi dépenser des centaines de millions contre le mouvement ? »

« Dans ses ambassades au travers le monde, Israël emploie désormais des gens à plein temps pour contrer BDS, il y en a deux en Grande-Bretagne par exemple, ou détruire la réputation des activistes, poursuit-il. Le gouvernement, via ses ministères et ses relais, organise régulièrement des conférences sur le thème : “Comment combattre BDS ?”. Si le mouvement est aussi inefficace, pourquoi se démener ? Enfin, on note que de plus en plus de grosses entreprises internationales refusent de participer à des appels d’offres en Israël, de crainte de se voir ensuite reprocher d’être complice d’un régime qui commet de graves violations des droits humains. »

Plusieurs études ont tenté de mesurer combien pourrait coûter le mouvement sur le plan économique. Une des plus récentes, menée par la Brookings Institution de Washington, estime que « l’économie israélienne est moins susceptible qu’auparavant aux boycotts […] du fait de ses exportations qui ont évolué vers des biens de haute qualité, qui ne peuvent pas être remplacés facilement par ses clients. À moins que des sanctions officielles ne soient mises en place par les partenaires les plus importants d’Israël comme les États-Unis ou l’Union européenne, BDS ne devrait pas produire le niveau de pression économique espéré par ses supporteurs. »

« Cela ne me dérange pas d’appeler au boycott de mon pays »
Toutefois, d’autres études, antérieures, se montraient plus pessimistes : un rapport interne du gouvernement israélien chiffrait les pertes d’exportation à 1,4 milliard de dollars par an et la Rand Corporation, qui est loin d’être un bastion gauchiste, mettait la barre trois fois plus haut, à 47 milliards de dollars sur dix ans.

L’autre réaction, celle-ci très visible, du gouvernement de Benjamin Netanyahou a été la multiplication de lois ou de mesures destinées à faire taire les promoteurs de BDS (voir notre article sur la Contraction démocratique d’Israël). La plus emblématique, et celle qui a le plus déteint sur l’image du pays, est évidemment celle qui permet d’interdire d’entrée sur le territoire ou d’expulser tout étranger qui appuie le boycott d’Israël. Une forme de test d’opinion préalable à la délivrance d’un visa.

Revenons à ce que disait Daniel Shek, sur le fait que BDS « a rendu le pays fou ». L’ancien diplomate ajoutait, dans la foulée de sa remarque : « Cela sert la droite. » Il est clair que l’actuel gouvernement, le plus à droite que le pays ait jamais connu, a érigé BDS au rang de menace existentielle, au même titre que le Hezbollah, le Hamas et l’Iran, et qu’il sert à merveille la stratégie de victimisation déployée à la fois à titre personnel par Netanyahou, mais aussi par Israël en général. Surtout, le mouvement BDS a profondément divisé les militants de la paix et des droits humains à l’intérieur d’Israël.

À 81 ans, Ruchama Marton est l’une de ces activistes de longue date. Psychiatre, elle est la fondatrice de l’ONG Physicians for Human Rights (PHR), rassemblant des médecins israéliens et palestiniens. L’an passé, elle n’a même pas été invitée aux célébrations du trentenaire de l’organisation qu’elle a créée et dont elle demeure présidente d’honneur. Sa faute : soutenir la campagne de boycott, alors que PHR s’est prononcé contre, « sans véritable débat entre nous, car le débat intellectuel est, pour l’essentiel, mort en Israël », explique Rushama.

« Les organisations en faveur de la paix ont plus ou moins disparu, car il n’y a plus de paix à faire, constate-t-elle. Restent les associations de lutte pour les droits humains, qui ne sont pas très nombreuses. La paix, c’est dans l’avenir, les droits humains, c’est maintenant. Il faut donc se concentrer là-dessus en appelant les choses par leur nom : occupation, apartheid, ce que peu de monde ose faire en Israël. Comme nous sommes peu nombreux, il nous faut trouver des alliés. BDS en fait partie. Même si je ne suis pas d’accord avec toutes leurs opinions, cela ne me dérange pas d’appeler au boycott de mon pays. Il y a un prix à payer pour tout. Mes collègues et amis à Gaza, que je ne peux pas visiter depuis onze ans, sont privés de leurs droits culturels, artistiques et scientifiques. »

Une publicité sur la plage de Tel-Aviv annonçant la tenue de l’Eurovision en mai 2019. © TC
Une publicité sur la plage de Tel-Aviv annonçant la tenue de l’Eurovision en mai 2019. © TC
Entourée de ses deux chats, une tasse de thé à la main et tirant sur sa cigarette, Ruchama Marton illustre à son corps défendant la fracture provoquée par BDS au sein de la gauche et des activistes israéliens. Nombre d’entre eux ne sont pas disposés à suivre BDS, qui leur rappelle trop le mouvement anti-apartheid des années 1970 et 1980 et leur renvoie une image difficile à accepter. Face à une société qui a définitivement basculé à droite depuis une douzaine d’années, et face à un gouvernement qui réduit toutes les argumentations à des slogans et n’hésite plus à aller chercher ses amis chez les antisémites, pour peu qu’ils soient nationalistes, cette gauche qui militait autrefois pour la paix est désormais désemparée et divisée. Ce n’était évidemment pas le but recherché par les militants BDS, mais c’est la réalité aujourd’hui.

Comme un sparadrap dont on n’arrive pas à se débarrasser, la campagne BDS va de nouveau donner le tournis à Israël en 2019, notamment à l’occasion d’un événement qui prête d’ordinaire plus à sourire : le concours de l’Eurovision. Le dernier vainqueur en date étant la chanteuse israélienne Netta, son pays sera donc en mai l’hôte de la prochaine édition. La joie sincère qui s’est emparée d’Israël lorsqu’elle a remporté le trophée a immédiatement fait place à la politique. Car le ministre de la culture a d’abord voulu organiser l’événement à Jérusalem, avant de reculer devant le risque de désistements, étant donné le statut contesté de la ville. Du coup, les festivités se tiendront à Tel-Aviv, mais le mouvement BDS a d’ores et déjà entrepris de mettre la pression sur l’organisme européen de diffusion (EBU), lui intimant de veiller au respect de ses propres règles.

En effet, la possibilité que des spectateurs de l’Eurovision puissent être interdits d’entrée sur le territoire en raison de leurs opinions politiques existe, en raison de la loi déjà mentionnée, ce qui contreviendrait aux règles de l’EBU. De même que la question complexe du partage des fréquences entre Israël et les territoires occupés, car la charte de diffusion de l’EBU stipule que tout le monde puisse avoir accès au même contenu. « Nous ne nous faisons pas d’illusion, nous ne parviendrons pas à faire annuler la tenue de l’Eurovision en Israël, concède Omar Barghouti. Mais nous allons en profiter pour faire du battage et élever le prix de la complicité. »
Contre l’Afrique du Sud, une des campagnes les plus médiatiques et les plus réussies, menée entre autres par Steve van Zandt, le guitariste de Bruce Springsteen, fut celle qui appelait les musiciens à refuser de se produire à Sun City, le plus célèbre centre de loisirs du pays. Reprise par la chaîne musicale MTV à l’époque, elle avait touché une partie de la jeunesse américaine et européenne, et Nelson Mandela, une fois libéré, s’était félicité de son impact. Même en chanson, BDS mine doucement Israël.

Palestinian BDS National Committee (BNC) : 18 événements probants de l'impact du BDS en 2018

Voici 18 faits notables montrant les impacts directs et indirects du BDS en 2018. Nous célébrons les progrès extraordinaires accomplis par le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens avec votre soutien. Nous exposons les crimes d’Israël et les politiques d’apartheid et mettons en place des pressions pour y mettre fin.

S’il vous plaît faites un don pour nous aider à faire plus dans l’année à venir. Ensemble, nous pouvons et voulons que les mots «liberté, justice et égalité» ne soient plus une aspiration, mais une réalité.

  • Airbnb a décidé de ne plus tirer profit de la plupart des colonies israéliennes illégales établies sur des terres palestiniennes volées. Cela faisait suite à une campagne internationale menée par la coalition #StolenHomes d’organisations affiliées au mouvement BDS pour les droits des Palestiniens et les organisations de défense des droits de l’homme.

  • Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont entrés dans l’ histoire en devenant le premier membre américain du Congrès à soutenir publiquement le BDS. Tlaib, la première femme américano-palestinienne élue au Congrès, a également exprimé son soutien à la réduction de l’aide militaire américaine à Israël.

  • Des mobilisations à travers le monde ont convaincu l’équipe nationale de football argentine , dirigée par le capitaine Lionel Messi, d’annuler son match de démonstration avec Israël.

  • La célèbre chanteuse Lana Del Rey est devenue l’une des 19 artistes à se retirer du festival Meteor en Israël, après que des milliers de fans et de militants du monde entier l’aient exhortée à respecter les lignes rouges palestiniennes. Shakira et Lorde faisaient partie des autres artistes ayant annulé leurs concerts en Israël cette année. Plus de 100 DJs et artistes de musique électronique ont rejoint le boycott culturel d’Israël sous #DJsForPalestine.

  • Le Congrès chilien a voté massivement pour interdire les produits des colonies israéliennes illégales construites sur des terres palestiniennes volées.

  • Les principales organisations du mouvement des femmes indiennes , représentant plus de 10 millions de femmes, ont endossé le mouvement BDS et demandé la libération de tous les enfants prisonniers palestiniens.

  • Amnesty International a appelé à un embargo sur les armes à l’encontre d’Israël . Il a critiqué les États-Unis et l’Union européenne pour leurs accords militaires avec Israël et les a tenus pour responsables du «soutien à des violations massives» des droits de l’homme des Palestiniens.

  • Le parti travailliste britannique a récemment voté en faveur du gel des ventes d’armes à Israël. En Irlande, un ministre d’État et 50 législateurs irlandais ont appelé l’Irlande à cesser d’armer Israël. Plus tôt, Dublin était devenue la première capitale européenne à soutenir le BDS pour les droits des Palestiniens. En Écosse , le fonds de pension Falkirk s’est retiré de la banque Hapoalim, devenant ainsi le premier fonds de pension des collectivités locales au Royaume-Uni à se séparer d’une société complice des violations des droits des Palestiniens par Israël.

  • Des parlementaires espagnols et portugais ont pris position pour les droits des Palestiniens et dénoncé les crimes de guerre israéliens et la “Loi sur l’état-nation juif”. Plusieurs villes d’Italie et de l’État espagnol ont appelé à un embargo sur les armes à l’encontre d’Israël.

  • Le Mouvement pour les vies noires a publié une puissante déclaration de solidarité avec le peuple palestinien et a appelé les États-Unis à mettre un terme à son aide militaire annuelle de 38 milliards de dollars à Israël. La ville de Northampton et l’État du Vermont se sont tous deux retirés d’un camp d’entraînement prévu par la police américaine pour apprendre les techniques de l’armée israélienne.

  • Quarante organisations internationales juives pour la justice sociale ont reconnu que le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens avait démontré son engagement à «lutter contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme et de bigoterie». Elles ont condamné les tentatives d’étouffement de la critique de la politique israélienne.

  • Le professeur George P. Smith, lauréat du prix Nobel de chimie en 2018 , a exprimé son soutien au mouvement BDS et à la réduction de l’aide militaire américaine à Israël.

  • Adidas a cessé de parrainer la Fédération israélienne de football (IFA) , qui comprend des équipes basées dans des colonies de peuplement illégales construites sur des terres palestiniennes volées, à la suite d’appels lancés par plus de 130 clubs sportifs palestiniens.

  • Des syndicalistes et des défenseurs des droits de l’homme en Tunisie et dans le monde arabe ont forcé la compagnie maritime israélienne Zim à suspendre ses liaisons vers la Tunisie.

  • La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants , représentant plus de 500 000 étudiants, vient de voter lors de son assemblée générale annuelle pour soutenir le mouvement BDS.

  • Leeds est devenue la première université britannique à se départir des entreprises impliquées dans le commerce des armes par Israël, à la suite d’une campagne du BDS menée par des activistes de la solidarité palestinienne. L’université a désinvesti plus de 1,2 million de dollars de participations dans des sociétés qui vendent du matériel militaire à Israël.

  • Les Quakers sont devenus la première église au Royaume-Uni à dire qu’ils “n’investiront dans aucune société profitant de l’occupation militaire [israélienne]”. Récemment, plusieurs églises américaines ont également voté en faveur du désinvestissement d’entreprises israéliennes et internationales complices des violations par Israël des droits de l’homme à l’encontre des Palestiniens.

  • En Afrique du Sud , Nkosi Zwelivelile Mandela, membre du parlement et petit-fils de Nelson Mandela, a affirmé le rôle crucial joué par BDS pour mettre fin à l’apartheid israélien.

Face à la manipulation par Israël de la définition de l’antisémitisme, la France marque officiellement un coup d’arrêt

Cela fait 15 ans que l’État d’Israël et le lobby pro-israélien agissent auprès de l’Union européenne pour promouvoir une définition manipulée de l’antisémitisme. Une définition banale mais assortie d’« exemples » qui entretiennent la confusion entre l’antisémitisme et la critique parfaitement légitime de l’État d’Israël et de sa politique. Avec un objectif simple : assurer l’impunité de l’État d’Israël et faire taire celles et ceux qui veulent s’opposer à ses crimes.

L’avant-dernier épisode a eu lieu le 6 décembre, lorsque le Conseil Justice et Affaires intérieures de l’Union européenne a adopté une déclaration sur la lutte contre l’antisémitisme, préparée et négociée dans le plus grand secret, qui inclut un article 2 invitant les États membres à adopter cette « définition ». Nous avons appris que les « exemples » avaient été explicitement écartés au cours de la négociation mais la propagande israélienne a agi comme si ces exemples avaient été adoptés.

Lors du Comité des Représentants permanents (Coreper 2) qui s’est tenu le 19 décembre à Bruxelles, le représentant de la France a tenu à rappeler que le Conseil Justice et Affaires intérieures a écarté les « exemples » qui lui avaient été initialement présentés. C’est une intervention que nous tenons à saluer, car elle marque un premier coup d’arrêt à la politique de manipulation mise en œuvre par le lobby israélien et ses alliés inconditionnels. Les autorités françaises, que nous avions alertées, et avec qui nous avons pu en parler, ont confirmé cette intervention.

La bataille n’est pas finie car le lobby pro-israélien va tout faire pour que les États membres de l’Union européenne adoptent la fameuse définition… assortie de ses exemples. Mais chacun saura maintenant qu’il s’appuie sur le mensonge et la manipulation.

Nous appelons toutes les personnes de conscience à ne pas laisser l’État d’Israël manipuler la lutte qui doit être menée de manière forte et sincère contre l’antisémitisme et le racisme sous toutes ses formes. Nous appelons la France, et tous les États membres de l’Union européenne, à refuser explicitement et définitivement cette « définition », et à ne plus jamais laisser l’État d’Israël intervenir dans nos affaires intérieures.

Le Bureau national de l’AFPS
20 décembre 2018

>>Voir aussi : notre dossier sur la « définition IHRA » de l’antisémitisme

LES RELATIONS DU POLE DE PSYCHIATRIE INFANTO-JUVENILE DE RENNES ET COPELFI: UN CAS D'IDENTIFICATION A L'AGRESSEUR ?

 COPELFI: QU’EST CE QUE C’EST ?

Association pour les Conférences de Psychiatrie de l’Enfant et de l’adolescent en Langue Française en Israël.

Fondée en 1989 par des psychiatres français (G. GACHNOCHI, M. VINCENT) et israélien (S. TYANO), cette association souhaite “favoriser le partage d’expériences cliniques et thérapeutiques entre professionnels de la psychiatrie infanto-juvénile de France et d’Israël. Le but est de permettre un échange et de promouvoir l’originalité des différents mouvements de la pédopsychiatrie française dans un pays jeune, curieux de tous les courants de pensées. Il permet aux professionnels français de la santé de découvrir un pays grâce aux rencontres confraternelles.”

Président de COPELFI en France: Eric GHOZLAN, Directeur du Pôle Enfance à l’association des Œuvres de Sauvegarde de l’Enfance/ Présidente en Israël: Dolly AMOYELLE.

Vice-Président: G. GACHNOCHI

Secrétaire Générale: Lydia LIBERMAN-GOLDENBERG (Vice-Présidente de l’Association Française de Psychiatrie).

En 2011, G. GACHNOCHI déclarait à Israël Magazine à l’occasion des 20 ans de l’association:

“… Le souhait est de réunir une fois par an les praticiens francophones et israéliens pour nouer des liens réguliers et approfondis et ce, au-delà de toutes déformations systématiques des médias européens et internationaux dès qu’il est question de l’État Hébreu afin de faire patiemment découvrir à chacun les réalités israéliennes, aussi bien à l’échelle du pays qu’au niveau de ses avancées dans les divers secteurs et domaines de notre profession.”

L’unité de psychiatrie infanto-juvénile de Rennes développe sa pratique sur la prise en charge du trauma suite aux actes terroristes en prenant appui sur l’exemple d’Israël non seulement dans sa coopération avec COPELFI mais aussi dans la recherche, en partenariat avec les universités israëliennes.

En 2018, cette collaboration se concrétise dans plusieurs colloques internationaux donnant la parole aux 3 mêmes associations et institutions: Pôle pédopsychiatrie Rennes, associations ALFEST et COPELFI.

  • Mai 2018 “Trauma, Terreur, Terrorisme, Vague après vague”, Paris.
  • Octobre 2018 “Les attentats, leur traumatisme, son devenir”, Israël (Saison Croisée)
  • 14 Décembre 2018 “Équipes mobiles et Psychotraumatismes. Quelles enjeux, quelles pratiques?”, Rennes 1 Le Diapason

L’État d’Israël assume jusque dans ses lois constitutionnelles de coloniser les territoires palestiniens et d’instituer l’Apartheid à l’intérieur de ses frontières. Les rapports et résolutions de l’ONU attestent de l’attaque de la dignité et de la viabilité des populations palestiniennes et de l’illégalité de l’occupation.

Le sujet d’étude principal de cette coopération internationale de professionnels de la santé mentale réside dans les notions de prise en charge du psychotrauma des victimes du terrorisme, et notamment ses conséquences sur les enfants et les adolescents.

Développer la recherche en psychiatrie sur la connaissance de l’expression des symptômes du trauma dans un contexte de guerre, de terrorisme ou d’oppression est certes, nécessaire.

En revanche, le choix de s’appuyer sur l’exemple d’Israël revient à se rendre complice de l’État colonial et d’apartheid qui attaque depuis 70 ans la dignité et la survie même de tout un peuple en Palestine.

La recherche et la coopération sur le terrain en psychiatrie, qu’elle soit de l’enfant, l’adolescent ou l’adulte doit bénéficier au système de santé mentale en Palestine.

Jaber Wael al Badawi, Qusai Imad al Badawi et Muhammad Nasser al Baddawi, âgéd de 13 à 15 ans, arrêtés le dimanche 16 décembre 2018 par l’armée israélienne dans le camp de réfugiés d’Al Arroub pès de Hébron.

Quelles sont les conséquences pour les palestien-ne-s, adultes et enfants, sur le plan de la santé physique et psychique, de l’occupation militaire, l’oppression, l’emprisonnement sans inculpation ni procès à partir de 12 ans, la torture, le meurtre, le contrôle de la circulation des personnes, l’exil, la destruction de maisons et de champs cultivables…?

Autant de thèmes de recherche des modalités de prise en charge et d’accès aux soins indispensables à soutenir auprès des praticiens et praticiennes palestinien-ne-s.

Nous (Collectif de citoyens, professionnels du secteur médico-social rennais) demandons à l’université Rennes 1, à son unité de pédopsychiatrie, aux associations de praticiens et leurs adhérents, aux participants à ce colloque, de cesser toute coopération professionnelle et de recherche avec COPELFI et les universités israéliennes.

Nous demandons aux professionnels de la santé mentale en France de refuser de se rendre à tout colloque et symposium en Israël, (telle la conférence de l’IARPP en 2019 à Tel Aviv) et de soutenir le réseau de santé mentale en Palestine.

http://www.chroniquepalestine.com/union-palestinienne-travailleurs-sociaux-et-des-psychologues-condamne-tenue-conference-iarpp-2019-israel/

Aucun service de psychiatrie, ni aucune filière universitaire ne peut se faire le relais des institutions d’un état colonial et un régime d’apartheid. Aucun service de psychiatrie ni aucune filière universitaire ne peut se voir orienter des moyens à dessein de normaliser les relations par la collaboration de recherche avec les institutions d’un état colonial et d’apartheid.

Non à la psychiatrie d’État ! Oui au service public de psychiatrie !

SIGNEZ ET RELAYEZ !