Gaza : écrivez au Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères !

Un projet de résolution sur Gaza (dont nous n’avons pas encore le texte complet) a été négocié entre les États-Unis et les États membres de l’Union européenne, dont la France. Même s’il comporte une mention bien timide au droit international et aux résolutions de l’ONU, il s’aligne sur les positions des États-Unis et d’Israël : il condamne les tirs de roquettes par le Hamas en les sortant du contexte de l’agression israélienne du 10 novembre, ignore le blocus de la Bande de Gaza et les bombardements continuels qu’elle subit, dénigre les Marches du retour sans condamner les tirs de l’armée israélienne contre les manifestants non armés. Entre les F16 qui bombardent Gaza et les cerfs-volants incendiaires palestiniens, il choisit de condamner les cerfs-volants ! Entre les manifestants pacifiques palestiniens et les snipers de l’armée israélienne qui tirent sur eux, il préfère dénigrer les manifestants des Marches du retour !

>>Appel à action : Écrivez à M. Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères :

“Monsieur le Ministre,
La France ne peut pas, ne doit pas, voter une résolution des Nations-unies sur Gaza qui feint d’ignorer le blocus et les bombardements que subit la population de Gaza, et dénigre l’action pacifique de ses habitants par les Marches du retour. “


Lettre ouverte de l’AFPS

Paris, le 3 décembre 2018

Monsieur Jean-Yves Le Drian
Ministre de l’Europe
et des Affaires Étrangères
37, Quai d’Orsay
75351 PARIS CEDEX 07

Objet : Position de la France sur le projet de résolution des États-Unis à l’ONU sur Gaza (lettre ouverte)

Monsieur le Ministre,

Nous sommes alertés par des informations, reprenant une dépêche de l’AFP, qui font état d’un soutien des 28 pays de l’Union européenne, dont la France, à une résolution sur la situation à Gaza qui serait prochainement présentée par les États-Unis à l’Assemblée Générale de l’ONU.

D’après ces informations, cette résolution condamnerait les tirs de roquette intervenus le 11 novembre sans citer l’agression israélienne qui les a provoqués, une incursion des services secrets israéliens qui n’ont pas hésité à tirer sur les policiers palestiniens qui étaient en train de les démasquer. Une incursion protégée par des bombardements massifs de ce secteur de la Bande de Gaza, qui a fait 7 tués et de nombreuses destructions du côté palestinien, et causé la mort d’un officier des services secrets israéliens.

Toujours d’après nos informations, cette résolution condamnerait les tirs de roquettes (effectivement indiscriminés) et même les cerfs-volants enflammés sans condamner ce qui les provoque : un blocus destructeur et inhumain qui dure depuis plus de 11 ans, les bombardements de Gaza par les F16 israéliens, qui provoquent morts et destructions, dont la destruction du centre culturel Saïd al-Mishal en août dernier, et les tirs de l’armée israélienne qui ont fait 220 morts et des milliers d’estropiés à vie parmi les manifestants pacifiques des Marches du retour. Le texte proposé irait jusqu’à suggérer que ces marches de protestation sont le résultat d’incitations à la violence de la part du Hamas qui mettent la vie de civils en danger…

Quand des cerfs-volants viennent s’opposer aux F16, aux tirs contre des civils désarmés et à un blocus inhumain et destructeur, les États-Unis voudraient que l’ONU condamne… les cerfs-volants !!

Notons que ce projet de résolution, qui cible aussi deux partis palestiniens, le Hamas et le Jihad islamique, en les assimilant au terrorisme, est condamné même par le Fatah quels que soient les conflits qui l’opposent à ces deux partis.

Monsieur le Ministre, il n’est pas possible que la France vote pour une telle résolution. Nous vous demandons de nous rassurer de toute urgence sur ce point.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre très haute considération.

Bertrand Heilbronn
Président de l’Association France Palestine Solidarité

Action urgente : Non au détournement par Israël de la lutte contre l’antisémitisme !

>>Écrire aux ministres de la Justice et de l’Intérieur : lire notre appel à action

C’est à Vienne que le coup s’est préparé, dans une réunion des  ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne, réunion qui s’est tenue sous les auspices du gouvernement autrichien… qui comprend plusieurs néo-nazis tout en étant courtisé par le Premier ministre Benyamin Netanyahou…

Sous la pression du lobby européen inconditionnel de l’État d’Israël, ce comité a adopté un projet de résolution « pour la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe » qui sera soumis à la décision finale du Conseil européen « Justice et affaires intérieures ».

Jusqu’ici rien à dire… sauf que l’article 2 de ce projet de résolution demande aux États membres d’adopter la « définition IHRA » de l’antisémitisme. Une définition manipulée, car elle cherche à assimiler toute critique visant la politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme. Une définition indigente sur le fond, mais qui est là pour introduire des « exemples » qui entretiennent confusion et manipulation.

Une définition qui, dans les pays où elle a été adoptée, limite gravement la liberté d’expression de celles et ceux qui osent critiquer la politique de l’État d’Israël. Et ce quelles que soient les précautions oratoires (« définition non contraignante », « exemples de travail »), car c’est la machine de guerre de la propagande israélienne et de ses relais inconditionnels qui peut alors tourner à plein régime.

L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) n’a cessé de dénoncer cette définition manipulée, qui a par ailleurs été rejetée cette année par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) en France, et que l’agence européenne des droits fondamentaux (FRA) avait fait retirer, il y a quelques années, de son site internet.

L’AFPS a interpellé par lettre les ministres français de la Justice et de l’Intérieur, qui représenteront la France au Conseil qui doit se réunir ce jeudi 6 décembre. Elle appelle l’ensemble de ses concitoyens à se joindre à cette interpellation.

Il faut que la France et les autres États de l’Union européenne s’opposent à cette manipulation. Pouvons-nous imaginer que, quelques jours avant l’anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, le Conseil Européen adopte une définition de l’antisémitisme qui entretient la confusion et met en danger nos libertés ?

L’AFPS sera toujours aux côtés de celles et ceux qui se battent contre l’antisémitisme et le racisme sous toutes ses formes. Elle n’acceptera jamais que ce combat soit détourné, manipulé et finalement affaibli pour servir l’impunité d’un État tiers qui viole tous les jours le droit international.

Le Bureau national de l’AFPS
4 décembre 2018

>>Écrire aux ministres de la Justice et de l’Intérieur : lire notre appel à action

>>Lire la fiche de l’AFPS sur la « définition IHRA de l’antisémitisme »

Gaza : écrivez au président de la République et au ministre des Affaires étrangères

Agissons !

A l’occasion de la tournée en France des parents de Razan Al-Najjar, jeune secouriste tuée le 1er juin par les snipers de l’armée israélienne, nous sommes nombreux à vouloir agir contre l’impunité de l’armée israélienne d’occupation et pour la levée du blocus de Gaza.

Nous vous proposons d’envoyer tout ou partie du message ci-dessous au Président de la République et au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères,

Une tournée à la mémoire de Razan Al-Najjar, jeune secouriste palestinienne assassinée de sang-froid par l’armée israélienne le 1er juin dernier, est actuellement organisée en France dans une vingtaine de villes. Le témoignage des parents de Razan Al-Najjar, au cours de l’une des soirées à laquelle j’ai assisté, ainsi que le film réalisé à sa mémoire, m’ont particulièrement bouleversé(e).

  1. Le blocus de la Bande de Gaza est illégal et inhumain. Israël, en tant que puissance occupante, a la responsabilité de la population de Gaza et a le devoir de lui assurer des conditions satisfaisantes de vie. Le blocus qu’Israël impose depuis 11 ans détruit la société palestinienne de Gaza, ruine son économie, rend tout avenir impossible et pousse sa population au désespoir. Aucun prétexte de “sécurité d’Israël” ne peut le justifier. Je vous demande d’exiger la levée immédiate et sans condition du blocus de Gaza.
  2. Je suis scandalisé(e) à l’idée que des armes ou composants français puissent être utilisés contre la population civile palestinienne, ou que la France puisse acquérir des systèmes d’armes israéliens testés sur cette population. Je vous demande de suspendre toute coopération et tout échange militaire entre la France et Israël.
  3. L’impunité dont bénéficient depuis des années les dirigeants israéliens et l’armée israélienne est le moteur des crimes de guerre qu’ils continuent à commettre contre le peuple palestinien. Je vous demande de tout faire pour soutenir et faciliter le travail de la Cour Pénale Internationale sur cette question afin que sa procureure puisse ouvrir l’enquête avec les moyens nécessaires et sans craindre les pressions.
  4. Comme d’autres pays européens, et comme Federica Mogherini, vous avez demandé la constitution d’une commission d’enquête indépendante sur les massacres commis par l’armée israélienne à Gaza contre les “marches du retour”. Je vous demande d’intervenir fermement et publiquement vis-à-vis de l’Etat d’Israël pour que cette commission d’enquête puisse se rendre à Gaza et ait accès à toutes les informations dont elle a besoin.

Avec mes sincères salutations,

Pour écrire au président de la République :
http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/

Pour écrire au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères :
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/mentions-legales-infos-pratiques/nous-ecrire/

Pétition pour l'égalité de tous les citoyens en Israël

À Tel-Aviv, le 11 août dernier, et à l’appel d’organisations arabes israéliennes, de très nombreux manifestants protestaient contre la loi « Israël, État-nation du peuple juif ». Ahmad Gharabli/AFP

Pour l’égalité de tous les citoyens en Israël

Le 19 juillet 2018, le Parlement israélien adoptait la loi définissant Israël comme État-nation du peuple juif.

Cette loi est le concentré, l’aboutissement, de la politique de la droite et de l’extrême-droite israélienne. En une douzaine de points :

– elle affirme la prédominance ethnique juive en Israël ;
– elle encourage la colonisation juive, présentée comme valeur nationale, et confirme l’annexion de Jérusalem déclarée unilatéralement capitale d’Israël ;
– elle précise explicitement que le peuple juif est le seul à exercer le droit à l’autodétermination en Israël sans préciser les frontières de celui-ci ;
– elle retire même à la langue arabe le statut de langue officielle désormais réservé exclusivement à la langue hébraïque.

Ainsi le postulat d’une inégalité fondamentale, inscrite dans le droit et pas seulement dans les faits, est établi entre les citoyens d’un même pays, d’un côté les citoyens juifs ou d’origine juive et de l’autre côté les citoyens arabes et non juifs qui deviendraient juridiquement des citoyens de seconde catégorie.

C’est dire que cette loi renie ouvertement la promesse de la Déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 selon laquelle le nouvel État « assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ». Contrairement à la loi fondamentale de 1992 « sur la dignité de l’homme et sa liberté », elle ne fait plus aucune référence ni à la démocratie ni à l’égalité.

Autant de violations des fondements d’un État démocratique et autant de violations du droit international.

De nombreuses personnalités, juives et non-juives, se sont élevées contre cette loi. Le président du Congrès juif mondial a fermement critiqué la politique poursuivie par le gouvernement israélien, les lois récemment adoptées et spécifiquement cette loi État-nation.

En Israël, des manifestations importantes, regroupant des dizaines de milliers d’israéliens, de toutes origines et de toutes confessions, ont eu lieu à plusieurs reprises contre cette loi qui institue une discrimination entre les citoyens.

Nous appelons à se tenir aux côtés des progressistes israéliens – sans distinction d’origine ethnique – pour exiger :

– l’abolition de cette loi inique ;
– l’égalité de droit de tous les citoyens israéliens ;
– que cessent les atteintes de plus en plus graves aux libertés démocratiques et aux droits humains.

Signer la pétition : http://pouregalitecitoyensisrael.wesign.it/fr# 

Dites-le aux entreprises : Désengagez-vous du tramway de Jérusalem !

Vous avez été 3496 à envoyer le texte qui suit à chacune des 3 sociétés et à leurs 3 actionnaires publics !



L’occupation de Jérusalem-Est et son « annexion » par l’état israélien violent le droit international, comme l’ont rappelé de multiples résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU (notamment n°478 de 1980 et n°2334 de 2016).

En reliant Jérusalem-Ouest aux colonies israéliennes implantées sur le territoire palestinien de Jérusalem Est, le « tramway de Jérusalem » est un des outils de la politique de colonisation et d’annexion israélienne, violation flagrante du Droit international.

Trois sociétés françaises, dont 2 à capitaux publics très majoritaires, participent à la mise en œuvre de l’extension du réseau de tramway, avec la prolongation de la 1ère ligne existante et la création de deux nouvelles lignes ayant toutes pour terminus des colonies :

  • La société EGIS RAIL, branche du groupe EGIS, filiale à 75% de la Caisse des Dépôts et Consignations.
  • La société SYSTRA, filiale conjointe de la SNCF et de la RATP qui détiennent chacune 42% de son capital.
  • La société ALSTOM, déjà acteur majeur de la première phase de construction du tramway, et qui a répondu aux appels d’offres de la seconde.

Par leur participation à ce projet, ces 3 sociétés contribuent directement au développement de la colonisation israélienne. Elles doivent se désengager de toutes leurs activités qui y participent.


Madame, Monsieur la-le Président-e, Directeur-rice,

A la suite de la publication du rapport « Tramway de Jérusalem : des entreprises françaises contribuent à la colonisation israélienne du territoire palestinien occupé », je suis choqué-e d’apprendre que votre entreprise participe à la réalisation de ce tramway à Jérusalem, qui relie Jérusalem-Ouest aux colonies israéliennes implantées sur le territoire palestinien de Jérusalem-Est, en violation flagrante du Droit international.

Comme vous le savez, la colonisation israélienne dans le territoire palestinien occupé viole le droit international, et en particulier à Jéusalem-Est. Elle perpétue l’occupation, entrave tout développement économique du territoire palestinien et bloque toute solution de paix juste et durable. Elle s’accompagne de nombreuses restrictions imposées aux populations palestiniennes, restrictions qui violent leurs droits les plus fondamentaux et les privent de conditions de vie décente.

En participant à la réalisation de ce tramway, votre entreprise contribue directement au développement de cette situation illégale au regard du droit international.

Je vous demande donc de vous engager publiquement à ce que votre entreprise se retire de l’ensemble des opérations qui concourent à la réalisation de ce projet.

Je resterai nformé-e, via les organisations signataires de ce rapport, de votre réponse et des mesures qui seront engagées par votre entreprise.

Cordialement,