Les institutions universitaires doivent défendre la liberté d’expression

Naji’lAli, 1980

Communiqué émis par le Comité International pour la Paix, la Justice et la Dignité :

Nous, soussignés, nous opposons à la campagne coordonnée pour dénier aux universitaires leur droit à la liberté d’expression parce qu’ils défendent les droits des Palestiniens et critiquent la politique et les pratiques de l’État d’Israël. L’université de Temple à Philadelphie, Etats Unis, et l’université de Sydney, Australie, ont subi de fortes pressions pour renvoyer de leurs institutions, pour cette raison, respectivement, Marc Lamont Hill et Tim Anderson, tous deux universitaires de haut niveau. Steven Salaita et Norman Finkelstein ont déjà vu leur carrière brisée par ce genre d’attaques. Hatem Bazian, Ahlam Muhtaseb, William Robinson, Rabab Abdulhadi et d’autres ont eux aussi été menacés.

La justification avancée pour ce genre d’action est communément connue sous l’appellation d’ « exception palestinienne » au principe de la liberté d’expression. On peut librement critiquer et dénigrer les gouvernements – y compris le sien – les religions, les opinions politiques, l’apparence personnelle et presque tout autre chose, à l’exception des actions et de la politique de l’État d’Israël. Ceux qui osent le faire deviendront la cible de campagnes très bien financées et menées professionnellement pour les réduire au silence et/ou les détruire, eux et leur carrière.

Nous admettons qu’une grande partie de la liberté d’expression que l’on trouve dans un environnement universitaire, ou d’autres, offensera certains individus ou groupes d’individus. Pourtant, comme cela a été dit souvent auparavant, la réponse à une liberté d’expression à laquelle certains peuvent vouloir objecter, c’est plus de liberté d’expression, pas moins. Nous appelons donc toutes les institutions universitaires, leurs enseignants et leurs étudiants, ainsi que le grand public, à résister à ces manœuvres d’intimidation et à défendre les principes de liberté d’expression sur lesquels ils sont fondés, eux et toutes les sociétés libres et leurs institutions.

Signez la pétition ici

Premiers signataires :

Abbas Ali
Abbas Hamideh
Abby Martin
Abe Hayeem
Adam Kossoff
Adrian Grima
Ahlam Muhtaseb
Ajamu Baraka
Alice Walker
Alicia Jrapko
Alison Weir
Amal Wahdan
Amani Barakat
Anat Matar
Andrea Balduzzi
Anthony Gonzales
Anthony Hall
Avi Shlaim
Barbara Erickson
Ben Norton
Bernard Regan
Blake Alcott
Brian Winston
Burhan Ghanayem
Carlos Latuff
Carlos Prieto Del Campo
Charlotte Kates
Cynthia McKinney
Dan Kovalik
Daniel Boyarin
David Heap
David Klein
Debra Zimmerman
Derek Summerfield
Diana Carminati
Diana Johnstone
Dina Matar
Dorothy Reik
Estee Chandler
Eva Bartlett
Ewa Jasiewicz
Francesco Orilia
Franco Camandona
Gayle McLaughlin
George Bisharat
George Galloway
George Paizis
Gerry Condon
Ghada Karmi
Glen Ford
Graham Dawson
Greg Dropkin
Hagit Borer
Hagop Kevorkian
Haim Bresheeth
Hala Allabadi
Hamid Dabashi
Hassan Fouda
Hatem Bazian
Herman De Ley
Hisham Ahmed
Iain Atack
Iain Chalmers
Ilan Pappe
Jackelyn Mariano
James Abourezk
James Bowen
James Early
Jeff Halper
Jenny Tonge
Jill Stein
Joe Catron
Joe Lauria
Joe Lombardo
Joe Meadors
John Adams
John Erickson
Jonathan Cook
Jonathan Rosenhead
Judith Bello
Judit Druks
Jules Townshend
Katie Miranda
Khalil Barhoum
Lamis Deek
Lara Kiswani
Laura U. Marks
Liana M. Allabadi
Lisa Rofel
Mairead Maguire
Marilyn Levin
Marina Carter
Marina Rui
Marjorie Cohn
Mark Braverman
Martin Kemp
Max Blumenthal
Medea Benjamin
Meron Rapoport
Michael Chanan
Michael Edwards
Michel Chossudovsky
Miriam Levin
Miriam Margolyes
Mnar Muhawesh
Mohammed Alatar
Mona Baker
Moshé Machover
Nadje Al-Ali
Naomi Foyle
Nathalie Grima
Netfa Freeman
Nira Yuval-Davis-Davis
Noam Chomsky
Norman Solomon
Ofra Lythe
Oren Cohen
Paul Larudee
Paola Manduca
Peter Ford
Peter Phillips
Phillip Giraldi
Phillip Weiss
Rachel Giora
Rashid Khalidi
Richard Falk
Richard Hudson
Richard Silverstein
Rick Sterling
Robert Trivers
Ronit Lentin
Rumy Hasan
Sabah Al-Mukhtar
Sai Englert
Sam Husseini
Sami Awad
Sami Ramadani
Sharmine Narwani
Shir Hever
Shohini Chaudhuri
Snehal Shingavi
Stefania Fortuna
Stephen Deutsch
Swee Ang
Tariq Ali
Ted Honderich
Terri Ginsberg
Thomas Gumbleton
Tim Anderson
Tom Hickey
Valerio Gennaro
William “Jimbo” Simmons
William I. Robinson
Zahra Billoo
Zuhair Sabbagh

Eurovision 2019 : Pas en Israël, pas au pays de l’apartheid !

En 2019, le concours de l’Eurovision devrait se dérouler à Tel-Aviv en Israël.

Ce pays vient de voter une loi, dite « loi de l’État-Nation du peuple juif ». Cette loi, à valeur de constitution, n’accorde pas les mêmes droits aux Israéliens selon qu’ils sont Juifs ou non-Juifs. Israël, à la colonisation, l’occupation des terres palestiniennes et les massacres à Gaza, ajoute désormais l’officialisation de l’Apartheid dans sa propre population.

L’Eurovision est suivie par des millions de téléspectateurs dans la zone européenne de radiodiffusion. Comment imaginer que celui-ci puisse se passer dans un pays qui vient ainsi de promulguer l’apartheid ?

Il ne s’agit ni de priver les artistes qui le souhaitent de la possibilité de participer à ce concours, ni de priver des millions de téléspectateurs de le suivre.
Mais celui-ci ne peut pas, ne doit pas, se dérouler en Israël !!!

Il est encore temps !

France Télévision, partenaire majeure de l’Eurovision, doit convaincre celle-ci de chercher un autre pays organisateur et annoncer dès maintenant qu’elle n’enverra pas de candidat français si l’Eurovision était maintenue en Israël !

C’est pourquoi,

– Nous acteurs de la scène française, chanteurs, musiciens, techniciens, refusons de jouer, chanter, danser dans de telles conditions, et appelons les candidats de « Destination Eurovision 2019 » à refuser d’aller à Tel-Aviv et l’annoncer dès maintenant,

– Nous citoyens soutenons la démarche des artistes français qui refusent l’apartheid, et exigeons de France Télévision qu’elle fasse tout pour trouver une autre destination et annonce en tout état de cause ne pas envoyer de candidat français si l’Eurovision devait se dérouler en Israël.

>> Signer la pétition

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la campagne européenne contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël qui a déjà reçu le soutien de nombreux artistes de toute l’Europe.

Organisations soutenant l’appel initié par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens et BDS-France :

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – AFD International – AILES Femmes du Maroc – Alternative Libertaire (AL) – Américains contre la guerre (AAW) – Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) – Association des Tunisiens en France (ATF) – Association France Palestine Solidarité (AFPS) – Association Nationale des Élus Communistes et Républicains (ANECR) – Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) – Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) – Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) – Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) – Campagne BDS France – Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) – Cedetim / IPAM – Collectif des Musulmans de France (CMF) – Collectif Faty Koumba : Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence – Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) – Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) – Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) – Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) – Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) – Droit-Solidarité – Ensemble ! – Europe Écologie les Verts (EELV) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) -Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Forum Palestine Citoyenneté – Génération Palestine – La Courneuve Palestine – le Mouvement de la Paix – les Femmes en noir (FEN) – Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) – Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) – Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Organisation de Femmes Égalité – Parti Communiste Français (PCF) – Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) – Parti de Gauche (PG) – Parti de l’émancipation du peuple – Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Socialistes pour la Paix (SPP) – Sortir du colonialisme – Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES/FSU) – Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) – Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) – Union syndicale Solidaires

Des Néo-nazis appuient une fausse définition israélienne de l’antisémitisme à l’UE

Le ministre autrichien d’extrême droite Herbert Kickl a ratifié à Bruxelles la définition mensongère israélienne de l’antisémitisme.

Une nouvelle déclaration de l’Union Européenne pourrait rendre encore plus difficile de critiquer Israël en tant qu’Etat raciste, sans être traité d’antisémite.

Jeudi à Bruxelles, des politiciens ont ratifié le document.

La déclaration demande à tous les gouvernements de l’UE de « souscrire à la définition de travail non juridiquement contraignante de l’antisémitisme utilisée par l’Alliance Internationale de la Mémoire de l’Holocauste » (IHRA).

Cette démarche, approuvée par les ministres de l’Intérieur de l’UE, a déjà été condamnée par un certain nombre d’Israéliens.

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Des Néo-nazis appuient une fausse définition israélienne de l’antisémitisme à l’UE

Gaza : écrivez au Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères !

Un projet de résolution sur Gaza (dont nous n’avons pas encore le texte complet) a été négocié entre les États-Unis et les États membres de l’Union européenne, dont la France. Même s’il comporte une mention bien timide au droit international et aux résolutions de l’ONU, il s’aligne sur les positions des États-Unis et d’Israël : il condamne les tirs de roquettes par le Hamas en les sortant du contexte de l’agression israélienne du 10 novembre, ignore le blocus de la Bande de Gaza et les bombardements continuels qu’elle subit, dénigre les Marches du retour sans condamner les tirs de l’armée israélienne contre les manifestants non armés. Entre les F16 qui bombardent Gaza et les cerfs-volants incendiaires palestiniens, il choisit de condamner les cerfs-volants ! Entre les manifestants pacifiques palestiniens et les snipers de l’armée israélienne qui tirent sur eux, il préfère dénigrer les manifestants des Marches du retour !

>>Appel à action : Écrivez à M. Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères :

“Monsieur le Ministre,
La France ne peut pas, ne doit pas, voter une résolution des Nations-unies sur Gaza qui feint d’ignorer le blocus et les bombardements que subit la population de Gaza, et dénigre l’action pacifique de ses habitants par les Marches du retour. “


Lettre ouverte de l’AFPS

Paris, le 3 décembre 2018

Monsieur Jean-Yves Le Drian
Ministre de l’Europe
et des Affaires Étrangères
37, Quai d’Orsay
75351 PARIS CEDEX 07

Objet : Position de la France sur le projet de résolution des États-Unis à l’ONU sur Gaza (lettre ouverte)

Monsieur le Ministre,

Nous sommes alertés par des informations, reprenant une dépêche de l’AFP, qui font état d’un soutien des 28 pays de l’Union européenne, dont la France, à une résolution sur la situation à Gaza qui serait prochainement présentée par les États-Unis à l’Assemblée Générale de l’ONU.

D’après ces informations, cette résolution condamnerait les tirs de roquette intervenus le 11 novembre sans citer l’agression israélienne qui les a provoqués, une incursion des services secrets israéliens qui n’ont pas hésité à tirer sur les policiers palestiniens qui étaient en train de les démasquer. Une incursion protégée par des bombardements massifs de ce secteur de la Bande de Gaza, qui a fait 7 tués et de nombreuses destructions du côté palestinien, et causé la mort d’un officier des services secrets israéliens.

Toujours d’après nos informations, cette résolution condamnerait les tirs de roquettes (effectivement indiscriminés) et même les cerfs-volants enflammés sans condamner ce qui les provoque : un blocus destructeur et inhumain qui dure depuis plus de 11 ans, les bombardements de Gaza par les F16 israéliens, qui provoquent morts et destructions, dont la destruction du centre culturel Saïd al-Mishal en août dernier, et les tirs de l’armée israélienne qui ont fait 220 morts et des milliers d’estropiés à vie parmi les manifestants pacifiques des Marches du retour. Le texte proposé irait jusqu’à suggérer que ces marches de protestation sont le résultat d’incitations à la violence de la part du Hamas qui mettent la vie de civils en danger…

Quand des cerfs-volants viennent s’opposer aux F16, aux tirs contre des civils désarmés et à un blocus inhumain et destructeur, les États-Unis voudraient que l’ONU condamne… les cerfs-volants !!

Notons que ce projet de résolution, qui cible aussi deux partis palestiniens, le Hamas et le Jihad islamique, en les assimilant au terrorisme, est condamné même par le Fatah quels que soient les conflits qui l’opposent à ces deux partis.

Monsieur le Ministre, il n’est pas possible que la France vote pour une telle résolution. Nous vous demandons de nous rassurer de toute urgence sur ce point.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre très haute considération.

Bertrand Heilbronn
Président de l’Association France Palestine Solidarité

Action urgente : Non au détournement par Israël de la lutte contre l’antisémitisme !

>>Écrire aux ministres de la Justice et de l’Intérieur : lire notre appel à action

C’est à Vienne que le coup s’est préparé, dans une réunion des  ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne, réunion qui s’est tenue sous les auspices du gouvernement autrichien… qui comprend plusieurs néo-nazis tout en étant courtisé par le Premier ministre Benyamin Netanyahou…

Sous la pression du lobby européen inconditionnel de l’État d’Israël, ce comité a adopté un projet de résolution « pour la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe » qui sera soumis à la décision finale du Conseil européen « Justice et affaires intérieures ».

Jusqu’ici rien à dire… sauf que l’article 2 de ce projet de résolution demande aux États membres d’adopter la « définition IHRA » de l’antisémitisme. Une définition manipulée, car elle cherche à assimiler toute critique visant la politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme. Une définition indigente sur le fond, mais qui est là pour introduire des « exemples » qui entretiennent confusion et manipulation.

Une définition qui, dans les pays où elle a été adoptée, limite gravement la liberté d’expression de celles et ceux qui osent critiquer la politique de l’État d’Israël. Et ce quelles que soient les précautions oratoires (« définition non contraignante », « exemples de travail »), car c’est la machine de guerre de la propagande israélienne et de ses relais inconditionnels qui peut alors tourner à plein régime.

L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) n’a cessé de dénoncer cette définition manipulée, qui a par ailleurs été rejetée cette année par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) en France, et que l’agence européenne des droits fondamentaux (FRA) avait fait retirer, il y a quelques années, de son site internet.

L’AFPS a interpellé par lettre les ministres français de la Justice et de l’Intérieur, qui représenteront la France au Conseil qui doit se réunir ce jeudi 6 décembre. Elle appelle l’ensemble de ses concitoyens à se joindre à cette interpellation.

Il faut que la France et les autres États de l’Union européenne s’opposent à cette manipulation. Pouvons-nous imaginer que, quelques jours avant l’anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, le Conseil Européen adopte une définition de l’antisémitisme qui entretient la confusion et met en danger nos libertés ?

L’AFPS sera toujours aux côtés de celles et ceux qui se battent contre l’antisémitisme et le racisme sous toutes ses formes. Elle n’acceptera jamais que ce combat soit détourné, manipulé et finalement affaibli pour servir l’impunité d’un État tiers qui viole tous les jours le droit international.

Le Bureau national de l’AFPS
4 décembre 2018

>>Écrire aux ministres de la Justice et de l’Intérieur : lire notre appel à action

>>Lire la fiche de l’AFPS sur la « définition IHRA de l’antisémitisme »