18ème campagne solidaire de cueillettes des olives en Palestine occupée - Dimanche 6 octobre

Aujourd’hui, nous avons été cueillir des olives dans deux champs de deux fermiers différents à Qarawat Bani Hassan. Nous avons travaillé accompagné d’amis ou de membres de la famille (enfants, grand-mère…).
Ce village est situé à 500 m à l’ouest de Havre Yahir, colonie israélienne non officielle, proche d’Ariel, colonie légalisée par le gouvernement israélien (mais illégale aux yeux de la communauté internationale).

Cette colonie de 20 000 habitants en 2015 ne cesse d’empiéter sur les territoires palestiniens.
Nous sommes partis de Farkha dans 4 taxis. Nous avons pu noter une différence d’aménagements urbains en arrivant sur le secteur (notamment l’état des routes) et surtout le niveau de sécurité autour de cette colonie. On est passé devant 3 checkpoints avec gardes armés, d’autres checkpoints qui peuvent être actifs rapidement et devant deux miradors.


Le centre du village de Qarawat est en zone A et la périphérie en zone C. Les maisons palestiniennes de la zone C sont construites sans autorisation car les permis de construire sont systématiquement refusés aux palestiniens, elles peuvent donc être détruites à tout moment.
Pour rappel, en Cisjordanie (terres palestiniennes) :
Zone A : autorité palestinienne
Zone B : autorité administrative palestinienne et autorité sécuritaire conjointe israélo-palestinienne
Zone C : autorité israélienne.

Nous étions divisés en deux groupes. Les membres de chaque groupe expriment une bonne ambiance entre discussion et chants palestinien. La cueillette d’olives est agréable et les pauses thé régulières.


En tout, nous avons cueilli l’équivalent de 6 sacs. Pour info :
Un sac = 40 à 50 kg d’olives = 15 litres d’huile d’olive (et de coude…)
D’après la plus jeune participante : cueillir des olives est aussi rigolo que de péter du papier bulle ou de monter à 10 dans un taxi.

Pour anecdote : les chauffeurs attachent leur ceinture de sécurité en zone sous autorité israélienne et la détachent ailleurs…

Après un déjeuner tardif, nous avons été dans le centre de Farkha à la rencontre de la coopérative des femmes (conserverie, traiteur et notamment leur école festival annuel). Ce regroupement est composée de 18 femmes qui se retrouvent tous les jours à tour de rôle et selon la demande. Elles produisent du shatta (harissa), “makdouss” (aubergine aillée sur concassée d’amandes), des concombres lacto-fermentés, du miel et des savons. La demande est importante. Elles vendent de Naplouse à Salfit et visent le commerce à l’international en commerçant par la Jordanie où elles ont déjà des demandes.


Leurs adhésions de 320 dinars jordaniens et leur travail leur rapportent 8 shekel de l’heure (2 euros) soit l’équivalent du smic palestinien.

L’olivier planté en 2017 par les cueilleurs de l AFPS grandit tranquillement.

06 octobre 2019
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